Il n’existe pas une, mais une multitude de formes de cancers du sein.
Pour savoir quel est le meilleur traitement pour une patiente, il est
primordial de connaître la nature exacte de son cancer.
Il n’existe pas une, mais une multitude de formes de cancers du sein.
Pour savoir quel est le meilleur traitement pour une patiente, il est
primordial de connaître la nature exacte de son cancer.
La pratique actuelle consiste à réaliser un diagnostic moléculaire à partir d’une biopsie. Un acte qui n’est pas anodin pour les patientes.

Le sang des patientes contient une petite quantité de cellules tumorales échappées de la tumeur. On les appelle des cellules tumorales circulantes (CTC).

L’analyse moléculaire des CTC pourrait se substituer à l’analyse d’échantillons de tissus cancéreux. Des prises de sang pourraient ainsi remplacer les biopsies, facilitant le diagnostic.
Découvrez un projet concret soutenu par la Fondation ARC

En cas de cancer du sein de bon pronostic, il est souvent possible de retirer uniquement la tumeur et non pas la totalité du sein. Pour limiter le risque de rechute, une radiothérapie vient alors compléter le traitement.

La radiothérapie consiste à réaliser 25 à 30 séances de rayons. Ce protocole est efficace mais oblige les patientes à venir à l’hôpital 5 fois par semaine pendant 5 à 6 semaines.

Il est possible d’irradier le lit de la tumeur au cours de la chirurgie visant à la retirer. On parle de radiothérapie peropératoire. Cette seule séance suffit à diminuer fortement le risque de rechute. Problème : ce traitement est réservé à un nombre restreint de patientes car les machines actuelles ne permettent de traiter qu’une patiente à la fois.

Les chercheurs travaillent sur une nouvelle technique originale basée sur les lasers. Avec un coût moindre et des performances accrues, ces nouvelles machines pourraient être largement disponibles et aisément mutualisées entre plusieurs salles d’opération. Cette alternative permettrait donc de traiter un plus grand nombre de patientes.
Découvrez un projet concret soutenu par la Fondation ARC

Chez de nombreuses patientes, un traitement peut commencer par donner de très bons résultats puis devenir totalement inefficace: leur tumeur devient résistante au traitement.

Lorsque la résistance apparaît, la stratégie actuelle consiste, lorsque c’est possible, à changer de traitement.
Il est désormais établi que le phénomène de résistance aux traitements est largement dû à l’hétérogénéité des cellules qui composent une tumeur. Ainsi, un médicament peut détruire la grande majorité des cellules mais être inefficace sur une minorité de cellules, qui vont alors se multiplier.

Une nouvelle stratégie consiste à associer plusieurs médicaments de manière simultanée, pour s’attaquer à l’ensemble des cellules qui composent la tumeur et pas uniquement aux cellules majoritaires.
Découvrez un projet concret soutenu par la Fondation ARC

Les métastases sont des tumeurs secondaires formées à partir de cellules cancéreuses échappées de la tumeur initiale, appelées cellules tumorales circulantes (CTC).

Pour éviter la formation de métastases, la stratégie actuelle consiste à détruire toutes les cellules tumorales qui pourraient circuler dans l’organisme des patientes après l’ablation de la tumeur. Malheureusement, ces traitements lourds ne sont pas assez efficaces.

Certaines cellules tumorales acquièrent des modifications génétiques qui les rendent capables de former des métastases.

Il est envisageable de mettre au point des stratégies pour empêcher ces cellules tumorales d'aller se loger dans différents tissus pour former des métastases. L'idée : traiter non seulement ces cellules mais également le tissu hôte.
Découvrez un projet concret soutenu par la Fondation ARC

Malgré les progrès de la recherche, 15% des cancers du sein ne répondent à aucun traitement disponible (hormonothérapie, thérapies ciblées). On les nomme cancers «triple-négatifs».
Chez les patientes concernées, les options thérapeutiques sont restreintes. Seules certaines chimiothérapies peuvent leur apporter un bénéfice, malheureusement souvent limité.
De nombreuses équipes recherchent le talon d’Achille des cancers triple-négatifs. Leur objectif : identifier les anomalies moléculaires spécifiques de ces cancers pour en faire les cibles de nouveaux médicaments.

De nouvelles stratégies sont en cours de développement. Elles se fondent notamment sur l’utilisation de médicaments au départ destinés au traitement d’autres cancers.
Découvrez un projet concret soutenu par la Fondation ARC
Au Centre régional de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc (Dijon), Sylvain Ladoire et ses collègues mettent au point une stratégie visant à faciliter le diagnostic moléculaire des cancers du sein.
« Il n’existe pas un, mais une multitude de formes de cancers du sein. Tous n’ont pas la même évolution, tous ne répondent pas de la même façon aux différents traitements disponibles. Ainsi, pour être en mesure de réaliser un diagnostic précis et de choisir la meilleure option thérapeutique, il est primordial de connaître précisément la nature du cancer dont souffre une patiente. Nous cherchons donc à améliorer la prise en charge des patientes atteintes d’un cancer du sein, en personnalisant leur traitement grâce à l’analyse d’échantillons de sang.
Le sang des patients atteints de cancers contient en effet une petite quantité de cellules tumorales qui se sont échappées de la tumeur. On parle de « cellules tumorales circulantes » (CTC). Ces cellules peuvent aujourd’hui être détectées et comptées. Leur nombre apporte des informations sur le pronostic de la maladie et peut orienter les médecins dans le choix du traitement à administrer. Par ailleurs, la quantité de CTC permet d’obtenir rapidement des informations sur l’efficacité d’un traitement : lorsqu’un médicament est efficace, le nombre de CTC diminue vite.
Notre équipe mène des études visant à démontrer l’intérêt du comptage des CTC dans le choix d’un traitement et dans le suivi de son efficacité. Nous tentons en outre de développer une méthode utilisant ces cellules afin d’identifier les patientes qui peuvent bénéficier d’une thérapie ciblée.
Pour qu’une thérapie ciblée soit efficace, il est nécessaire que les cellules tumorales de la patiente présentent des caractéristiques moléculaires particulières. Avant d’administrer un tel traitement, il faut donc procéder à une analyse moléculaire de ces cellules tumorales. Cette analyse doit être régulièrement répétée car les cellules tumorales peuvent évoluer.
Jusqu’ici, l’analyse moléculaire des cellules tumorales était réalisée à partir d’échantillons de tissus cancéreux. Mais le prélèvement de ces échantillons n’est pas anodin. Notre équipe tente donc de développer une alternative à cette méthode en utilisant les CTC. Grâce au soutien de l’ARC, nous avons fait l’acquisition d’un appareil qui permet d’isoler ces cellules à partir d’échantillons de sang des patients. Leur analyse pourrait informer sur les caractéristiques moléculaires de la tumeur dont elles sont issues ».
Aidez les chercheurs à continuer leurs progrès dans la lutte contre le cancer
Au sein d’un laboratoire de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (Gif-sur-Yvette), Sandrine Dobosz-Dufrénoy et ses collaborateurs mènent des recherches sur l’accélération d’électrons par laser. Cette nouvelle source de particules chargées pourrait dans le futur constituer une alternative aux machines couramment utilisées pour la radiothérapie peropératoire dans le traitement du cancer du sein.
La prise en charge des cancers du sein de bon pronostic passe aujourd’hui le plus souvent par une chirurgie « conservatrice » (le chirurgien retire uniquement la tumeur et non pas la totalité du sein), associée à une radiothérapie. Pratiqué dans les semaines qui suivent l’opération, ce traitement complémentaire permet de limiter le risque de rechute. Le principe consiste à détruire les cellules cancéreuses résiduelles dans le champ opératoire. On parle de radiothérapie « adjuvante ».
En pratique, la dose de rayons nécessaire pour réduire au maximum le risque de rechute est fractionnée pour être délivrée au cours de 25 à 30 séances. Ce protocole est efficace, mais il oblige les patientes à venir à l’hôpital 5 fois par semaine pendant 5 à 6 semaines. La radiothérapie peropératoire consiste, quant à elle, à irradier la cavité laissée par une tumeur immédiatement après l’avoir retirée. Une seule séance est pratiquée. Cette nouvelle approche, consistant à irradier au plus près le siège de la tumeur à l’aide de rayons X ou d’électrons, se développe depuis quelques dizaines d’années maintenant. Les résultats sont prometteurs.
Telles que disponibles aujourd’hui, les sources d’électrons conventionnelles présentent cependant un certain nombre de limitations qui pourraient être levées grâce à l’utilisation de lasers.
L’objectif des chercheurs est d’étudier l’accélération d’électrons par laser avec la perspective de délivrer dans le futur une source d’électrons plus compacte, pouvant être distribuée plus facilement dans plusieurs salles, pour un moindre coût et des performances accrues. En particulier, cette nouvelle technique (l’accélérateur d’électrons par laser) autorise une irradiation plus « profonde » des tissus à traiter, l’énergie des particules accélérées étant plus élevée que dans les machines actuelles basées sur une technologie conventionnelle.
Le passage à une technologie originale basée sur les lasers conduit à repenser totalement l’architecture du système de traitement et ouvre la perspective de faire bénéficier de cette thérapeutique au plus grand nombre.
Aidez les chercheurs à continuer leurs progrès dans la lutte contre le cancer
A l’Institut Gustave Roussy (Villejuif), Stephan Vagner et ses collaborateurs, en particulier Magali Lacroix-Triki à l’Institut Claudius Regaud, cherchent à comprendre comment les cellules cancéreuses peuvent devenir résistantes aux traitements, pour parvenir à contrer ce phénomène.
« Chimiothérapie, hormonothérapie, plus récemment thérapies ciblées… les armes permettant de lutter contre les cancers du sein sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus prometteuses. Toutefois, un problème vient trop souvent entraver l’efficacité de cet arsenal thérapeutique : l’apparition de résistance aux traitements. En effet, chez de nombreuses patientes, un traitement peut commencer par donner de très bons résultats, puis devenir plus ou moins rapidement totalement inefficace. Chez d’autres, il sera inefficace d’entrée de jeu, sans qu’on sache vraiment pourquoi. Face à ce problème, notre objectif est double : prédire la résistance et parvenir à la contrer.
Pour cela, il est nécessaire de comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans ce phénomène de résistance aux traitements. Certains de ces mécanismes ont déjà été mis en évidence. Ainsi, il est établi que le phénomène de résistance aux traitements est largement dû à l’hétérogénéité de la population des cellules qui composent une tumeur. Un médicament peut être capable de détruire la grande majorité des cellules tumorales, mais être incapable de s’attaquer à une fraction de cellules résiduelles. Dans ce cas, le traitement semble au départ très efficace : la destruction des cellules majoritaires conduit en effet à une réduction rapide et importante du volume de la tumeur. Mais, alors que la majorité des cellules tumorales a disparu, des cellules minoritaires résistantes peuvent se multiplier et conduire à la formation d’une nouvelle tumeur qui sera insensible au traitement.
Un deuxième mécanisme est lié au fait que les cellules cancéreuses sont capables d’évoluer très rapidement. Elles peuvent ainsi acquérir la capacité de se multiplier et de survivre en présence d’un médicament conçu pour les détruire.
Dans notre laboratoire, nous avons identifié un complexe protéique qui semble jouer un rôle majeur dans la résistance à une thérapie ciblée, le trastuzumab. Ce médicament est utilisé pour traiter les cancers du sein dont les cellules sont caractérisées par la présence d’un marqueur moléculaire nommé HER2. Grâce au soutien de la Fondation ARC, nous poursuivons nos travaux afin de savoir si cette découverte pourrait permettre d’identifier les patientes chez lesquelles ce médicament sera inefficace, de manière à leur proposer directement une stratégie thérapeutique alternative, sans perdre de temps.
Par ailleurs, pour les patientes concernées par ce phénomène de résistance, nous rechercherons comment parvenir à « re-sensibiliser » les cellules tumorales au traitement, en leur administrant une association de plusieurs médicaments ».
Aidez les chercheurs à continuer leurs progrès dans la lutte contre le cancer
A la faculté de médecine Laennec de Lyon, Philippe Clézardin et ses collègues étudient les mécanismes qui conduisent à la formation des métastases osseuses chez les patientes atteintes de cancer du sein.
« L’apparition de métastases osseuses est la complication la plus fréquemment observée chez les patientes atteintes de cancer du sein. Ces tumeurs secondaires se forment à partir de cellules cancéreuses qui se sont échappées de la tumeur mammaire. Nous cherchons à comprendre les mécanismes à l’origine de ce phénomène, de manière à pouvoir s’y opposer.
Tout commence lorsque certaines cellules cancéreuses acquièrent la capacité à se déplacer. Cette évolution découle de modifications de leur programme génétique. Les cellules cancéreuses vont alors se détacher de la tumeur primaire et pénétrer dans les vaisseaux qui l’irriguent. Elles deviennent ainsi en mesure de se disséminer dans l’organisme. Au cours de leur périple, ces cellules peuvent se fixer sur les parois des microvaisseaux, en particulier ceux des os, puis franchir cette paroi pour venir se loger dans la moelle osseuse, s'adapter à cet environnement, puis commencer à se multiplier afin ensuite d'envahir l'os lui-même.
Pour prévenir le développement des métastases, on utilise aujourd’hui des traitements dits « adjuvants », qui sont administrés après l’ablation chirurgicale de la tumeur primaire. Ces traitements (chimiothérapies, hormonothérapies ou thérapies ciblées) ont pour objectif de détruire les cellules cancéreuses qui circuleraient déjà dans l’organisme de la patiente.
Nous explorons une autre voie qui pourrait permettre de prévenir la formation des métastases : nous pensons qu’il est possible d’empêcher les cellules cancéreuses d’acquérir la capacité de se loger dans la moelle osseuse et de s'y adapter pour ensuite envahir l'os. Nous avons en effet identifié des molécules qui semblent pouvoir s’opposer aux modifications du programme génétique associées à ce phénomène. Grâce au soutien de la Fondation ARC, nous allons étudier l’efficacité de ces molécules dans des modèles expérimentaux. Ces travaux devraient en outre nous permettre de préciser quels sont les gènes dont l’activité joue un rôle clé dans la formation des métastases osseuses. L’identification de ces gènes permettra de dégager de nouvelles pistes pour la mise au point de stratégies visant à prévenir l’apparition de tumeurs secondaires ».
Aidez les chercheurs à continuer leurs progrès dans la lutte contre le cancer
Au Centre de recherche en biochimie macromoléculaire de Montpellier, Serge Roche et ses collaborateurs travaillent à la mise au point de nouveaux traitements destinés aux patientes atteintes de cancers du sein insensibles aux traitements existants.
« Le traitement de nombreux cancers du sein bénéficie du récent développement de médicaments particulièrement efficaces, qui ciblent les caractéristiques moléculaires des cellules cancéreuses. Deux familles de médicaments de ce type sont utilisées. La première correspond aux médicaments d’hormonothérapie qui agissent sur les cellules cancéreuses caractérisées par la présence de récepteurs aux hormones féminines (œstrogènes et progestérone). La seconde regroupe les médicaments dits « anti-HER2 », qui agissent sur les cellules cancéreuses caractérisées par la présence de récepteurs à un facteur de croissance cellulaire nommé HER2.
Hélas, dans 15 % des cas, les cancers du sein ne répondent ni aux hormonothérapies, ni aux traitements anti-HER2. On parle de cancers du sein « triple-négatifs » car ils sont « négatifs » pour la présence des récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et à HER2. Insensibles aux traitements actuellement disponibles, ces cancers sont souvent très agressifs. La découverte de nouveaux médicaments destinés au traitement de ces cancers est donc particulièrement urgente. C’est pourquoi de nombreuses équipes tentent de découvrir le talon d’Achille des cancers triple-négatifs. L’objectif est d’identifier des anomalies moléculaires qui les caractérisent et qui pourraient constituer de bonnes cibles pour de futurs médicaments.
Avec le soutien de la Fondation ARC, nous travaillons dans ce sens. Nos travaux suggèrent que des médicaments déjà utilisés dans le traitement de certains cancers du sang, en l’occurrence dans celui des leucémies myéloïdes chroniques (LMC), pourraient constituer une bonne arme contre les cancers du sein triple-négatifs : bien que très différentes l’une de l’autre, les deux maladies auraient en effet une origine biologique commune.
Des expériences préliminaires plaident en faveur de cette hypothèse : l’imatinib, un médicament administré aux patients souffrant de LMC, agit contre les cellules de cancer du sein cultivées en laboratoire. Toutefois, beaucoup de travail reste encore à accomplir avant que ce médicament puisse profiter aux femmes atteintes de cancer mammaire triple-négatif ».
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Au Centre régional de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc (Dijon), Sylvain Ladoire et ses collègues mettent au point une stratégie visant à faciliter le diagnostic moléculaire des cancers du sein.
« Il n’existe pas un, mais une multitude de formes de cancers du sein. Tous n’ont pas la même évolution, tous ne répondent pas de la même façon aux différents traitements disponibles. Ainsi, pour être en mesure de réaliser un diagnostic précis et de choisir la meilleure option thérapeutique, il est primordial de connaître précisément la nature du cancer dont souffre une patiente. Nous cherchons donc à améliorer la prise en charge des patientes atteintes d’un cancer du sein, en personnalisant leur traitement grâce à l’analyse d’échantillons de sang.
Le sang des patients atteints de cancers contient en effet une petite quantité de cellules tumorales qui se sont échappées de la tumeur. On parle de « cellules tumorales circulantes » (CTC). Ces cellules peuvent aujourd’hui être détectées et comptées. Leur nombre apporte des informations sur le pronostic de la maladie et peut orienter les médecins dans le choix du traitement à administrer. Par ailleurs, la quantité de CTC permet d’obtenir rapidement des informations sur l’efficacité d’un traitement : lorsqu’un médicament est efficace, le nombre de CTC diminue vite.
Notre équipe mène des études visant à démontrer l’intérêt du comptage des CTC dans le choix d’un traitement et dans le suivi de son efficacité. Nous tentons en outre de développer une méthode utilisant ces cellules afin d’identifier les patientes qui peuvent bénéficier d’une thérapie ciblée.
Pour qu’une thérapie ciblée soit efficace, il est nécessaire que les cellules tumorales de la patiente présentent des caractéristiques moléculaires particulières. Avant d’administrer un tel traitement, il faut donc procéder à une analyse moléculaire de ces cellules tumorales. Cette analyse doit être régulièrement répétée car les cellules tumorales peuvent évoluer.
Jusqu’ici, l’analyse moléculaire des cellules tumorales était réalisée à partir d’échantillons de tissus cancéreux. Mais le prélèvement de ces échantillons n’est pas anodin. Notre équipe tente donc de développer une alternative à cette méthode en utilisant les CTC. Grâce au soutien de l’ARC, nous avons fait l’acquisition d’un appareil qui permet d’isoler ces cellules à partir d’échantillons de sang des patients. Leur analyse pourrait informer sur les caractéristiques moléculaires de la tumeur dont elles sont issues ».
Au sein d’un laboratoire de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (Gif-sur-Yvette), Sandrine Dobosz-Dufrénoy et ses collaborateurs mènent des recherches sur l’accélération d’électrons par laser. Cette nouvelle source de particules chargées pourrait dans le futur constituer une alternative aux machines couramment utilisées pour la radiothérapie peropératoire dans le traitement du cancer du sein.
La prise en charge des cancers du sein de bon pronostic passe aujourd’hui le plus souvent par une chirurgie « conservatrice » (le chirurgien retire uniquement la tumeur et non pas la totalité du sein), associée à une radiothérapie. Pratiqué dans les semaines qui suivent l’opération, ce traitement complémentaire permet de limiter le risque de rechute. Le principe consiste à détruire les cellules cancéreuses résiduelles dans le champ opératoire. On parle de radiothérapie « adjuvante ».
En pratique, la dose de rayons nécessaire pour réduire au maximum le risque de rechute est fractionnée pour être délivrée au cours de 25 à 30 séances. Ce protocole est efficace, mais il oblige les patientes à venir à l’hôpital 5 fois par semaine pendant 5 à 6 semaines. La radiothérapie peropératoire consiste, quant à elle, à irradier la cavité laissée par une tumeur immédiatement après l’avoir retirée. Une seule séance est pratiquée. Cette nouvelle approche, consistant à irradier au plus près le siège de la tumeur à l’aide de rayons X ou d’électrons, se développe depuis quelques dizaines d’années maintenant. Les résultats sont prometteurs.
Telles que disponibles aujourd’hui, les sources d’électrons conventionnelles présentent cependant un certain nombre de limitations qui pourraient être levées grâce à l’utilisation de lasers.
L’objectif des chercheurs est d’étudier l’accélération d’électrons par laser avec la perspective de délivrer dans le futur une source d’électrons plus compacte, pouvant être distribuée plus facilement dans plusieurs salles, pour un moindre coût et des performances accrues. En particulier, cette nouvelle technique (l’accélérateur d’électrons par laser) autorise une irradiation plus « profonde » des tissus à traiter, l’énergie des particules accélérées étant plus élevée que dans les machines actuelles basées sur une technologie conventionnelle.
Le passage à une technologie originale basée sur les lasers conduit à repenser totalement l’architecture du système de traitement et ouvre la perspective de faire bénéficier de cette thérapeutique au plus grand nombre.
A l’Institut Gustave Roussy (Villejuif), Stephan Vagner et ses collaborateurs, en particulier Magali Lacroix-Triki à l’Institut Claudius Regaud, cherchent à comprendre comment les cellules cancéreuses peuvent devenir résistantes aux traitements, pour parvenir à contrer ce phénomène.
« Chimiothérapie, hormonothérapie, plus récemment thérapies ciblées… les armes permettant de lutter contre les cancers du sein sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus prometteuses. Toutefois, un problème vient trop souvent entraver l’efficacité de cet arsenal thérapeutique : l’apparition de résistance aux traitements. En effet, chez de nombreuses patientes, un traitement peut commencer par donner de très bons résultats, puis devenir plus ou moins rapidement totalement inefficace. Chez d’autres, il sera inefficace d’entrée de jeu, sans qu’on sache vraiment pourquoi. Face à ce problème, notre objectif est double : prédire la résistance et parvenir à la contrer.
Pour cela, il est nécessaire de comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans ce phénomène de résistance aux traitements. Certains de ces mécanismes ont déjà été mis en évidence. Ainsi, il est établi que le phénomène de résistance aux traitements est largement dû à l’hétérogénéité de la population des cellules qui composent une tumeur. Un médicament peut être capable de détruire la grande majorité des cellules tumorales, mais être incapable de s’attaquer à une fraction de cellules résiduelles. Dans ce cas, le traitement semble au départ très efficace : la destruction des cellules majoritaires conduit en effet à une réduction rapide et importante du volume de la tumeur. Mais, alors que la majorité des cellules tumorales a disparu, des cellules minoritaires résistantes peuvent se multiplier et conduire à la formation d’une nouvelle tumeur qui sera insensible au traitement.
Un deuxième mécanisme est lié au fait que les cellules cancéreuses sont capables d’évoluer très rapidement. Elles peuvent ainsi acquérir la capacité de se multiplier et de survivre en présence d’un médicament conçu pour les détruire.
Dans notre laboratoire, nous avons identifié un complexe protéique qui semble jouer un rôle majeur dans la résistance à une thérapie ciblée, le trastuzumab. Ce médicament est utilisé pour traiter les cancers du sein dont les cellules sont caractérisées par la présence d’un marqueur moléculaire nommé HER2. Grâce au soutien de la Fondation ARC, nous poursuivons nos travaux afin de savoir si cette découverte pourrait permettre d’identifier les patientes chez lesquelles ce médicament sera inefficace, de manière à leur proposer directement une stratégie thérapeutique alternative, sans perdre de temps.
Par ailleurs, pour les patientes concernées par ce phénomène de résistance, nous rechercherons comment parvenir à « re-sensibiliser » les cellules tumorales au traitement, en leur administrant une association de plusieurs médicaments ».
A la faculté de médecine Laennec de Lyon, Philippe Clézardin et ses collègues étudient les mécanismes qui conduisent à la formation des métastases osseuses chez les patientes atteintes de cancer du sein.
« L’apparition de métastases osseuses est la complication la plus fréquemment observée chez les patientes atteintes de cancer du sein. Ces tumeurs secondaires se forment à partir de cellules cancéreuses qui se sont échappées de la tumeur mammaire. Nous cherchons à comprendre les mécanismes à l’origine de ce phénomène, de manière à pouvoir s’y opposer.
Tout commence lorsque certaines cellules cancéreuses acquièrent la capacité à se déplacer. Cette évolution découle de modifications de leur programme génétique. Les cellules cancéreuses vont alors se détacher de la tumeur primaire et pénétrer dans les vaisseaux qui l’irriguent. Elles deviennent ainsi en mesure de se disséminer dans l’organisme. Au cours de leur périple, ces cellules peuvent se fixer sur les parois des microvaisseaux, en particulier ceux des os, puis franchir cette paroi pour venir se loger dans la moelle osseuse, s'adapter à cet environnement, puis commencer à se multiplier afin ensuite d'envahir l'os lui-même.
Pour prévenir le développement des métastases, on utilise aujourd’hui des traitements dits « adjuvants », qui sont administrés après l’ablation chirurgicale de la tumeur primaire. Ces traitements (chimiothérapies, hormonothérapies ou thérapies ciblées) ont pour objectif de détruire les cellules cancéreuses qui circuleraient déjà dans l’organisme de la patiente.
Nous explorons une autre voie qui pourrait permettre de prévenir la formation des métastases : nous pensons qu’il est possible d’empêcher les cellules cancéreuses d’acquérir la capacité de se loger dans la moelle osseuse et de s'y adapter pour ensuite envahir l'os. Nous avons en effet identifié des molécules qui semblent pouvoir s’opposer aux modifications du programme génétique associées à ce phénomène. Grâce au soutien de la Fondation ARC, nous allons étudier l’efficacité de ces molécules dans des modèles expérimentaux. Ces travaux devraient en outre nous permettre de préciser quels sont les gènes dont l’activité joue un rôle clé dans la formation des métastases osseuses. L’identification de ces gènes permettra de dégager de nouvelles pistes pour la mise au point de stratégies visant à prévenir l’apparition de tumeurs secondaires ».
Au Centre de recherche en biochimie macromoléculaire de Montpellier, Serge Roche et ses collaborateurs travaillent à la mise au point de nouveaux traitements destinés aux patientes atteintes de cancers du sein insensibles aux traitements existants.
« Le traitement de nombreux cancers du sein bénéficie du récent développement de médicaments particulièrement efficaces, qui ciblent les caractéristiques moléculaires des cellules cancéreuses. Deux familles de médicaments de ce type sont utilisées. La première correspond aux médicaments d’hormonothérapie qui agissent sur les cellules cancéreuses caractérisées par la présence de récepteurs aux hormones féminines (œstrogènes et progestérone). La seconde regroupe les médicaments dits « anti-HER2 », qui agissent sur les cellules cancéreuses caractérisées par la présence de récepteurs à un facteur de croissance cellulaire nommé HER2.
Hélas, dans 15 % des cas, les cancers du sein ne répondent ni aux hormonothérapies, ni aux traitements anti-HER2. On parle de cancers du sein « triple-négatifs » car ils sont « négatifs » pour la présence des récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et à HER2. Insensibles aux traitements actuellement disponibles, ces cancers sont souvent très agressifs. La découverte de nouveaux médicaments destinés au traitement de ces cancers est donc particulièrement urgente. C’est pourquoi de nombreuses équipes tentent de découvrir le talon d’Achille des cancers triple-négatifs. L’objectif est d’identifier des anomalies moléculaires qui les caractérisent et qui pourraient constituer de bonnes cibles pour de futurs médicaments.
Avec le soutien de la Fondation ARC, nous travaillons dans ce sens. Nos travaux suggèrent que des médicaments déjà utilisés dans le traitement de certains cancers du sang, en l’occurrence dans celui des leucémies myéloïdes chroniques (LMC), pourraient constituer une bonne arme contre les cancers du sein triple-négatifs : bien que très différentes l’une de l’autre, les deux maladies auraient en effet une origine biologique commune.
Des expériences préliminaires plaident en faveur de cette hypothèse : l’imatinib, un médicament administré aux patients souffrant de LMC, agit contre les cellules de cancer du sein cultivées en laboratoire. Toutefois, beaucoup de travail reste encore à accomplir avant que ce médicament puisse profiter aux femmes atteintes de cancer mammaire triple-négatif ».
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Idée créative, réalisation, conception et gestion de projet :
Agence conseil en communication créative Le Poulpe Bleu . www.lepoulpebleu.com
Rédaction :
Fondation ARC pour la recherche sur le cancer
Remerciements aux chercheurs pour leur contribution à l’élaboration de cette publication et leur relecture :
Conçu dans le cadre d’ « Octobre rose 2012», mois de sensibilisation sur le cancer du sein, «Cancer du sein, 5 voies à explorer» est une publication électronique de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.
Destinée au grand public, elle a pour objectif d’informer sur les avancées de la recherche sur le cancer du sein.
Les informations légales régissant le site arc-cancer.net s’applique pour cette publication. Pour en savoir plus : http://www.arc-cancer.net/Informations-legales/article/Informations-legales-du-site-de-la-Fondation-ARC-pour-la-recherche-sur-le-cancer.html
Les textes de «Cancer du sein, 5 voies à explorer» sont publiés sous la responsabilité du comité éditorial du site www.arc-cancer.net.
Les informations qui y figurent sont présentées de manière non exhaustive et sont diffusées essentiellement dans un but d'information général.
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